La chasse en Gaspésie

Jean Lepage

Jean Lepage, Gaspésien d'origine, est chasseur depuis l'âge de 15 ans.

Forme d'expression

Intérêt patrimonial

Pratique ancrée dans la tradition depuis fort longtemps, la chasse compte un nombre impressionnant d'adeptes en Gaspésie. Tous les ans, une très forte proportion de la population chasse sur le vaste territoire forestier gaspésien.

Description de la forme d'expression


Si la chasse à l'orignal est la plus répandue, les chasseurs pratiquent d'autres types de chasse, notamment la chasse aux chevreuils, aux ours et à la perdrix. La chasse se déroule généralement au mois d'octobre. En ce qui a trait à la chasse à l'orignal, ce sont les biologistes qui ajustent, selon le moment de la reproduction, la période de cette chasse. Les chasseurs gaspésiens prennent habituellement une semaine de vacances destinée à la chasse. Pour les personnes à la retraite, il est possible de chasser plusieurs semaines durant l'automne, tout dépendant du gibier chassé. Plusieurs villages se vident de leur population lorsque la période de la chasse arrive à l'automne. Les magasins et les usines ferment. Les écoles se vident de leur corps professoral et des élèves de plus de 14 ans. Certaines compagnies forestières arrêtent leur opération pour la sécurité des travailleurs forestiers. Selon Jean Lepage, rendu à un âge avancé, seule l'incapacité physique peut arrêter un Gaspésien d'aller à la chasse. Cela montre à quel point cette tradition est ancrée profondément dans les moeurs de la population régionale. Pourquoi cette pratique est-elle devenue si importante pour cette population? Selon Jean Lepage, chasseur depuis l'âge de 15 ans, le manque d'activités culturelles et sportives à la portée des Gaspésiens favorise la place qu'occupe la chasse dans le coeur de la population. Pour aller chasser, il suffit souvent de franchir quelques kilomètres, alors qu'assister à un spectacle ou participer à une activité nécessite souvent plus de 100 kilomètres de déplacement. Région où la forêt occupe une place prédominante sur le territoire, il est normal que la chasse soit devenue au fil des siècles une pratique solidement ancrée dans les traditions de la population gaspésienne. Bien qu'il y ait des pourvoiries, des réserves fauniques et des ZEC, la population régionale préfère chasser dans les forêts publiques à la grandeur de la Gaspésie. Les secteurs de chasse des Gaspésiens se transmettent généralement d'une génération à l'autre. Ces territoires de chasse familiaux ne sont pas régis par une structure et des règles précises, mais chaque groupe de chasseurs connaît les limites de son territoire et celles des autres groupes. Toutefois, au fil du temps, certains groupes en ont profité pour s'approprier de très grands territoires au déplaisir des autres chasseurs. Une émission de radio portant sur la chasse a même vu le jour depuis quelques années. Intitulée Dans mon shack, cette émission est diffusée uniquement durant les deux semaines de la chasse à l'orignal. Les chasseurs écoutent l'émission à l'intérieur de leur camp de chasse durant la soirée. L'émission permet aux chasseurs et à la population régionale de connaître les résultats de chasse de la journée. La chasse en Gaspésie est un phénomène traditionnel qui a réussi à se maintenir vivant depuis fort longtemps.


Apprentissage et transmission


De la même manière que la transmission des territoires de chasse à l'intérieur du noyau familial, les connaissances entourant la chasse se transmettent aussi d'une génération à l'autre. Habituellement, les enfants accompagnent leur parent en forêt durant la période de la chasse à partir de l'âge de 14 ou 15 ans.

Historique général

Depuis la colonisation de son territoire, la Gaspésie est une région où la survie est au centre des préoccupations de la population. Tandis que la pêche permettait aux familles de se nourrir lors la saison estivale, la chasse a permis aux Gaspésiens de passer à travers les rudes hivers au fil des siècles. Si la chasse a longtemps été considérée comme l'un des principaux moyens de se nourrir durant la période hivernale, cette pratique est maintenant perçue comme un loisir faisant partie des traditions de la région.


Sources

  • Nom du facilitateur ou des facilitateurs : Maude Redmond Morissette et Marc-André Complaisance
  • Date d'entrevue : 2008-07-11
  • Nom de l'indexeur ou des indexeurs : Maude Redmond Morissette

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