Coutume du mois de Marie

Blanche Pépin Fortier

Organisatrice

Forme d'expression

Intérêt patrimonial

À St-Évariste, des paroissiens participent au rituel du mois de Marie depuis sa relance en 1998. Les participants récitent le chapelet et des chants à la Vierge Marie. Ils perpétuent une coutume de la religion catholique et revitalise le calvaire de chemin, un bâtiment du patrimoine religieux beauceron.

Description de la forme d'expression


Le mois de Marie est une pratique religieuse qui se déroule de plusieurs façons. À St-Évariste, la récitation du chapelet constitue le cœur de la pratique. Les participants se rejoignent au calvaire de chemin vers dix-neuf heures les lundis et mardis du mois de mai. Ils débutent en faisant leur signe de croix. Le chapelet est ensuite récité. Chacune des personnes présentes prend la parole à tour de rôle et mène la prière pour une dizaine, c'est-à-dire pour une série de dix "Je vous salue Marie" et de un "Notre Père". Ils sont entre 10 et 18 participants chaque soir. Le chapelet se termine lorsque le tour des grains a été fait, soit lorsque cinq dizaines ont été récitées. Par la suite, les prieurs entament un chant dédié à la Sainte Vierge. La réunion est ensuite terminée. Une rencontre dure vingt minutes approximativement. Le rituel a lieu dans le petit calvaire de chemin situé près de la résidence de Blanche Pépin Fortier. Il est construit en 1917 par Joseph Labonté. C'est un petit bâtiment de forme carrée (12 pieds x 12 pieds) dont la façade est vitrée. À l'intérieur, on trouve un crucifix et des statues de la Vierge Marie, de Jean, de Marie-Madeleine, de Sainte Anne et de Saint Joseph. Un lampion est suspendu au plafond et des bancs permettent de s'agenouiller pour la prière. Ce calvaire de chemin fait partie du patrimoine religieux de la Beauce et il est considéré comme l'un des plus beaux et des mieux conservés. Il appartient maintenant à Yvan Labonté, l’arrière-petit-fils de Joseph Labonté.

Apprentissage et transmission


Les personnes qui participent au mois de Marie sont parfois accompagnées de gens de leur entourage. Ces derniers peuvent apprendre à faire le chapelet et à accomplir la coutume du mois de Marie en imitant les paroles et les gestes que les habitués exécutent.

Historique général


L'ethnologue Martine Roberge explique la coutume du mois de Marie sur le site Internet du Réseau des archives du Québec : « Pour les catholiques, le mois de mai est consacré à la Vierge Marie. Pendant tout le mois, les paroissiens se rassemblent pour faire des dévotions à la Vierge sous forme de prières collectives. Ils se réunissent à l'église tous les soirs vers 19h00 ou 19h30 pour des offices spéciaux où l'on récite le chapelet et les litanies et l'on entonne des chants religieux. On dit alors qu'on se rend à l'exercice du mois de Marie. Les paroissiens trop éloignés de l'église ont coutume de se réunir à la croix de chemin la plus proche où l'on prie régulièrement tous les soirs du mois de mai. Au Québec, la coutume du mois de Marie est pratique courante pendant une bonne partie du XXe siècle, jusqu'à la fin des années 1970. Pour les écoliers, le mois de Marie se fait en sortant de l'école à 15 h 30 ou à 16 h 00 selon les paroisses. Les enfants se rendent en rang à l'église comme pour une procession. Il arrive qu'on leur demande de déposer une fleur aux pieds de la statue de la Vierge pour la décorer. Dans chaque maison, il est d'usage d'aménager un petit oratoire domestique, appelé aussi niche mariale, garni de couronnes de mai et de fleurs. Cette niche est destinée à accueillir la statue de la Vierge, hébergée d'une maison à l'autre pendant tout le mois de mai. Recevoir chez soi la statue est considéré comme un grand honneur pour chaque famille. Celle-ci peut se réunir tous les soirs devant la niche pour la récitation du chapelet et à l'occasion, on invite les voisins à se joindre aux prières. La récitation du chapelet est entrecoupée à chaque dizaine d'intentions particulières aux malades, aux semences et aux récoltes ou à la température en général. Les dévotions peuvent durer trois quarts d'heure à une heure chaque soir. » (site internet http://www.rdaq.qc.ca). En 1998, Blanche Pépin relance la coutume du mois de Marie dans sa paroisse. Le petit calvaire de chemin ne servant plus à rien depuis plusieurs années, elle trouve désolant de le voir ainsi à l'abandon. Elle désire donc réaliser le mois de Marie au calvaire. Elle partage son idée aux gens de sa paroisse. La première année, le calvaire est à pleine capacité tous les soirs. Elle prend conscience de l'intérêt que suscite la réappropriation de la coutume. À partir de ce moment, le mois de Marie a lieu tous les ans. Toutefois, il n'y a pas eu de mois de Marie en 2006 faute de temps pour l'organiser. La coutume du mois de Marie est écourtée par rapport au mois de Marie d'antan. Autrefois, les dizaines sont séparées par un couplet du chant "Ave Maria". Aujourd'hui, le chant vient plutôt clore le rituel. Depuis 2004, Blanche Pépin intègre la récitation des "Mystères" à la fin du chapelet. Ces derniers consistent en de petites lectures d'Évangile et de prières. En fait, le noyau de la pratique est le chapelet. Le complément est laissé à la discrétion des participants.

Localisation complémentaire

  • Adresse civique : En face du 721, route 108 ; au coin du rang Sainte-Marie
  • Ville : Saint-Évariste-de-Forsyth
  • Code postal : G0M 1S0

Documentation

"Histoire du calvaire Labonté", Saint-Évariste se raconte?: 150 ans d'histoire 1855-2005, 2005, p. 35-36. (voir photocopies dans le dossier)

Sources

  • Nom du facilitateur ou des facilitateurs : Jessica Boutin et Karine Dubé
  • Date d'entrevue : 2006-05-25
  • Nom de l'indexeur ou des indexeurs : Jessica Boutin

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