Madeleine Bouchard

Confection des beignes de Noël

Personne

Intérêt patrimonial

Madeleine Bouchard perpétue une recette familiale de beignes de Noël depuis plus de 35 ans. La confection des beignes se déroule chaque année en décembre, durant l’Avent, en vue des festivités de Noël. La tradition se transmet de mère en fille depuis au moins trois générations. Les instruments utilisés se transmettent également d’une génération à l’autre.

Description de la pratique, du savoir ou du savoir-faire


Madeleine Bouchard confectionne avec sa mère des beignes de Noël à chaque année depuis 35 ans. La mère et la fille se réunissent tous les ans au début du mois de décembre pour produire environ de 350 à 400 beignes (4 ou 5 recettes de 75 à 80 beignes chacune) qui seront consommés par la famille et les invités durant le temps des fêtes ainsi qu'au mois de janvier. Il s'agit d'une recette qui provient de sa grand-mère et qui constitue une véritable tradition familiale, une activité d'une très grande importance pour Madeleine et sa mère. Faire des beignes demande beaucoup de préparation et une très bonne organisation. Madeleine accumule dès l'automne tous les sacs à pain qui contiendront les beignes. Avant de commencer la petite production avec sa mère, elle s'assure d'avoir en sa possession tous les ingrédients nécessaires et en quantité suffisante, car elle double toujours la recette. La première étape consiste à mélanger les œufs et le sucre avec la mixette de façon à obtenir un liquide jaune de texture sirupeuse. La deuxième étape est l'ajout de lait (et de crème à l'occasion) ainsi que du beurre fondu préalablement au four à micro-ondes. Il faut bien mélanger tous les ingrédients. Ensuite, il faut épaissir la préparation avec de la farine et terminer de mélanger à la cuillère. La bonne texture se voit à l'épaisseur de la pâte. Madeleine et sa mère ne connaissent pas les quantités exactes, car elles ont toujours cuisiné à l'œil. Une fois la bonne texture obtenue, Madeleine installe une nappe sur l'îlot de la cuisine et y dépose directement la pâte et la farine pour travailler avec les mains, pétrir un peu la pâte. Lorsque que la pâte est prête, elle étend la pâte au rouleau et coupe les beignes avec le coupe-beigne qui doit être nettoyé à plusieurs reprises. Pour faciliter la coupe, Madeleine l'enduit de farine. Elle en prépare un bon nombre d'avance.
L'étape suivante est la cuisson des beignes. Pour ce faire, Madeleine utilise une marmite contenant de la graisse de marque Tenderflakes. Avant d'y cuire les beignes, elle vérifie la température de la graisse avec les trous de beignes et ajuste l'intensité du rond de la cuisinière s'il y a lieu. Un maximum de 8 beignes à la fois peuvent cuire dans sa marmite, tandis que la marmite utilisée chez sa mère peut cuire 11 beignes à la fois. La cuisson est rapide (environ 2 minutes) et les beignes sont retournés de façon à cuire des deux côtés jusqu'à l'obtention d'une belle couleur dorée. Deux assiettes sont utilisées lors de la cuisson, une contenant les beignes en attente et l'autre servant à déposer les beignes cuits. Madeleine sort les beignes de la marmite avec une fourchette spéciale. Elle les dépose sur des sacs bruns afin de les faire refroidir. Ensuite, elle en dépose 40 par sac à pain et laisse les sacs ouverts un certains temps. Finalement, Madeleine ferme les sacs et les place au congélateur, en sortant au besoin, car ils dégèlent rapidement. La confection des beignes de Noël est une activité qui se pratique debout et peut s'échelonner facilement de 8h00 le matin à 14h30 l'après-midi, vaisselle comprise. Malgré tout, la confection des beignes n'est pas une corvée, mais un moment privilégié de l'année passé entre mère et fille. Les ingrédients utilisés pour la confection des beignes de Noël sont donc: des oeufs, du sucre, du lait, de la crème (à l'occasion), du beurre, de la farine, de la poudre à pâte et du sel.
La plupart des instruments utilisés pour la confection des beignes sont propres à cette pratique. La nappe, la marmite et la fourchette de Madeleine sont réservées à cet effet. Il s'agit d'une marmite en aluminium faite il y a une quarantaine d'années par son beau-père qui travaillait à l'Alcan. Madeleine éprouve un attachement sentimental pour sa vieille marmite et trouve qu'elle fait de bons beignes, celle-ci conservant bien la chaleur car elle est épaisse. Lorsqu'elles font les beignes chez sa mère, elles utilisent la marmite de cette dernière qui peut contenir 11 beignes à la fois. Si sa mère dispose d'une fourchette spéciale pour la confection des beignes, Madeleine possède aussi une fourchette destinée à cette opération, un legs de sa marraine possédant une grande signification pour elle. Le record de Madeleine a été de 700 beignes une année tandis que sa mère a déjà produit plus de 1000 beignes en incluant ceux produits avec ses sœurs. Tous les beignes sont destinés à une consommation familiale. Ils peuvent être mangés nature ou encore avec du sucre en poudre, selon les préférences.


Apprentissage et transmission


Cette recette de tradition familiale en est au moins à sa troisième génération (grand-mère/mère/fille). Madeleine ignore de qui sa grand-mère a appris la recette. La grand-mère de Madeleine l'a montré à toutes ses filles, donc la mère de Madeleine ainsi que toutes ses tantes la connaissent et la font. De tous les petits-enfants de sa grand-mère, Madeleine est la seule qui fait la recette. Elle a appris au contact de sa mère par étapes. Par exemple, au début, c'était sa mère qui travaillait la pâte. Avec le temps, elle en vient à maîtriser toutes les étapes de la fabrication et elle pourrait faire seule la recette. Aujourd'hui, elles font ensemble la recette les «yeux fermés». Travailler à deux est plus facile et plus agréable. Au début, la confection des beignes se faisait chez la grand-mère de Madeleine sur le poêle à bois. Aussi, Madeleine avait copié la recette de sa mère dans son livre de cuisine personnel, et cela même si les quantités n'y figurent pas.
De manière générale, Madeleine a appris à cuisiner de tout avec sa mère en utilisant tous les aliments pour éviter le gaspillage. Dès son jeune âge, elle possède les bases de la cuisine, bases obtenues directement au contact de sa mère, de l'observation à la pratique. Bien que les membres de la famille apprécient grandement les beignes de Noël, personne ne confectionne des beignes actuellement pour poursuivre la tradition. Cela changera peut-être dans les prochaines années. La fille de Madeleine ou encore ses petits-enfants pourraient perpétuer la pratique. Pour l'instant, Madeleine l'a montré partiellement à sa fille, mais celle-ci ne fait pas la recette. Une amie de Madeleine s'est montrée intéressée à l'apprendre un jour. Chose certaine, Madeleine continuera à faire des beignes de Noël, avec sa mère ou seule, tant qu'il sera possible.

Historique général


Madeleine Bouchard confectionne avec une grande fierté les beignes de Noël depuis plus de 35 ans en compagnie de sa mère. Cette pratique annuelle s'avère l'activité la plus importante entourant la préparation de la fête de Noël. Madeleine Bouchard adore cette fête et toute l'atmosphère féérique qui en découle. Il s'agit de la période de l'année qu'elle affectionne le plus et cela lui permet de partager sa joie de vivre avec toutes les personnes de son entourage. La tradition familiale des beignes de Noël s'inscrit donc dans ces moments privilégiés de partage et de rencontre, une manière d'être ensemble. La recette de beigne de Noël est la recette originale de sa grand-mère. La seule adaptation réside dans l'ajout de crème à café ou de crème 35% dans la confection de la pâte. L'ajout de crème voulait palier au manque de lait lors d'une préparation annuelle. Le résultat a été apprécié par Madeleine et sa mère. Cet ajout n'enlève rien à la recette authentique et ne fait que la bonifier. Madeleine et sa mère choisissent, selon l'inspiration du moment, d'ajouter de la crème ou de faire la recette telle quelle. Dans les deux cas, c'est une réussite certaine et les beignes sont une gâterie incontournable du temps des fêtes.


Autre localisation

  • Arrondissement : Chicoutimi

Sources

  • Nom du facilitateur ou des facilitateurs : Mathieu Tremblay et Pascal Huot
  • Date d'entrevue : 2008-06-24
  • Nom de l'indexeur ou des indexeurs : Mathieu Tremblay

Sons

Photos

Facebook

Partenaires

La réalisation de l’Inventaire des ressources ethnologiques du patrimoine immatériel a été rendue possible grâce à l’appui de nos partenaires.

  • Logo - Conseil québécois du patrimoine vivant
  • Logo - Chaine de recherche du Canada en patrimoine ethnologique
  • Logo - Musée québécois de culture populaire
  • Logo - Société Québécoise Ethnologie

© 2019 Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique, Université Laval