La traversée du lac Saint-Jean

Robert Cossette

Nageur et entraîneur pour la traversée depuis 1956

Forme d'expression

Intérêt patrimonial

Depuis 1955, des nageurs participent à la Traversée internationale du lac St-Jean de Roberval. Robert Cossette s’est entrainé pour relever ce défi. Légende vivante, il a participé à la première édition de cet événement international, puis à plusieurs autres reprises, soit en tant que nageurs ou entraîneurs. Il a transmis ses techniques en aidant des concurrents, dont sa fille à se préparer. En 2004, à l'occasion du cinquantième anniversaire de cette compétition, il a réalisé en solo cette traversée à l'âge de 74 ans. L’événement permet à la communauté de se rassembler depuis plus de 50 ans pour soutenir les concurrents par leurs encouragements.

Description de la forme d'expression


La Traversée internationale du lac St-Jean présente annuellement à Roberval sept épreuves de nage en eau libre de niveau élite ou amateur. En 2009, ce marathon est présenté pour la 55e année consécutive, ce qui en fait l’un des événements sportifs les plus durables dans le monde. La Traversée internationale du lac Saint-Jean figure comme un modèle sur le plan de l’organisation, de la qualité de l’encadrement et du support offerts aux athlètes. De plus, l'événement s'est grandement développé pour devenir une semaine de festivités. Robert Cossette a traversé pour la première fois le lac Saint-Jean à 25 ans, en 1955. À l'époque, les gens disaient qu'il était impossible de traverser ce lac, puisque le vent crée de très grosses vagues sur les 26 kilomètres à franchir. Les créateurs de la traversée ont ainsi décidé à la fois de démontrer la beauté du Piékouagami et de créer un défi qui intéressera la population de la région. Le départ allait se faire à Péribonka. La première année, le seul homme qui a réussi à traverser le lac était Robert Amyot. Lors des premières éditions, les nageuses partaient avant les hommes puisque généralement, elles mettaient davantage de temps à traverser le lac. De nos jours, les hommes et les femmes partent en même temps. Les premiers de chacun de deux sous-groupes se méritent des bourses à leur arrivée. La direction du vent change tout le déroulement de la traversée. Un vent en pleine figure influencera considérablement le temps pour franchir les 26 kilomètres. Robert Cossette a participé à plusieurs traversées tant en Amérique qu'en Europe, dont la traversée de la Manche en 1963 et 1964. Il a nagé à relais lors de la 50ème Traversée internationale du lac Saint-Jean, qu'il considérait comme un événement très important. Il avait prévu depuis 20 ans y participer. La Traversée internationale du lac Saint-Jean propose des activités sportives, culturelles et familiales permettant à la population et aux nombreux visiteurs de se rassembler pour célébrer cet événement dont des feux d’artifices, un défilé du Mérite mettant en vedette les nageurs, une galerie d’art, etc. Le site, nommé Place de la Traversée, est aménagé directement au bord du lac St-Jean. Un complexe de 12 000 pieds carrés abrite notamment les bureaux de l’administration, une salle de conférence, une salle de presse et une vaste salle VIP avec terrasse offrant une vue imprenable sur le lac et le site d’arrivée des nageurs. Durant les compétitions, une infirmerie y est aussi spécialement aménagée. La Traversée est l’une des rares organisations de marathons de nage au monde qui dispose de telles installations.

Apprentissage et transmission


Robert Cossette était jeune lorsqu'il a commencé à nager, dans les années 40-50. Les piscines extérieures sont arrivées en région dans les années 70. Les premières années où il nageait, il devait donc se rendre à Québec deux fois par semaine, une fois la semaine et une autre fois le dimanche, pour s’entraîner. Il considère que son meilleur entraîneur aura été lui-même. Robert Cossette a commencé à entraîner des nageurs en 1963. Il a entraîné le journaliste et écrivain, auteur d'un livre sur La Traversée, Pierre Bourdon, ayant terminé huitième cette année-là. Robert Cossette a toujours la flamme pour entraîner les nageurs. Il a récemment entraîné un homme dont il appréciait le style de nage et qui rêvait de traverser le lac Saint-Jean. Selon Cossette, si un nageur a un mauvais style, il va développer des tendinites aux épaules ou au dos, puisque le mouvement est très répétitif. Il faut faire travailler les muscles et non les tendons, faire de la musculation. Les muscles peuvent s'étirer, pas les ligaments. M. Cossette s'entraîne encore trois fois par semaine dans une salle d’entrainement. Il a entraîné aussi un nageur de Yellowknife natif de Roberval. Il lui donnait son entraînement par téléphone. L’entraînement le passionne. Il a formé un très grand nombre de nageurs depuis ses débuts. Les noms de toutes les personnes qu'il a entraînées sont inscrits dans son cahier de "bilan sportif". Sa fille, Christine, a fait dix fois la traversée du lac Saint-Jean, dont quatre fois l'aller-retour. Elle a été en 1984 la première à faire l'aller-retour, en 8 heures et 59 minutes. Une année, elle a obtenu les premières places des cinq courses qui avaient lieux lors d'une compétition en Égypte. Elle possède un très grand nombre de trophée. Robert Cossette ramasse depuis longtemps tous les articles de journaux et autres documents de littérature sportive qui traitent de lui et de sa fille.

Historique général


Dans les années 50, les gens nageaient différemment. Ils utilisaient le « crawl » australien, moins rapide, mais moins essoufflant. Avec le changement dans la façon de nager, traverser le lac Saint-Jean dans les années 60 était presque deux fois plus rapide que dans les années 50. Lors de la première traversée, le 23 juillet 1955, Robert Cossette était parmi les sept participants et il a été le dernier à abandonner. Les sauveteurs l'ont perdu de vue pendant sept heures et l'ont retrouvé sur une plage jusqu’où il avait nagé. La deuxième année, il y a eu une tempête "épouvantable" et tout le monde a abandonné. Quinze jours plus tard, Paul Desruisseaux a fait une traversée solo non-officielle du lac Saint-Jean en 9 heures et 51 minutes. Les années suivantes, Robert Cossette ne pouvait terminer la traversée à cause d'une tendinite à l'épaule. En 1959, il l'a terminée pour la première fois, en 13 heures. Depuis la troisième édition, des nageurs d'autres pays ont été invités à traverser. Robert Cossette a commencé en 1962 à organiser le marathon Chicoutimi/Bagotville, qui a duré pendant une quinzaine d'année. Autrefois, les nageurs prenaient environ vingt minutes pour franchir un kilomètre. Quelques années plus tard, sa fille Christine prenait de quinze à seize minutes pour franchir un kilomètre. De nos jours, les nageurs prennent environ dix minutes pour le faire.

Sources

  • Nom du facilitateur ou des facilitateurs : Pascal Huot, Mathieu Tremblay
  • Date d'entrevue : 2008-07-16
  • Nom de l'indexeur ou des indexeurs : Valérie Roussel

Sons

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