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Ardoise Kingsbury

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  • Classé sous

    Champ: 500000 - Pratiques techniques
    Type de pratique: 530000 - Pratiques de production
    Classification: 537000 - Exploitation du sol
    Stade de patrimoine: Actuel
    Cote: 537420 exploitation minière
    Nom(s): Maurice Houle
    Rôle(s): Propriétaire de la carrière

    Intérêt patrimonial

    L’entreprise Ardoise Kingsbury contribue à la revalorisation de l’ardoise verte, auparavant nommée « greenslate » dans la région de l’Estrie. À la fin du XVIIIe siècle, l’ardoise présent dans le sol montagneux de l’Estrie était un levier de développement de la région. La renommée de l’Estrie et les savoir-faire en lien avec l’ardoise ont été oublié pendant les années où l’exploitation a cessé dans la région. Ardoise Kingsbury contribue la revalorisation de cette matière. Encore aujourd’hui elle est extraite de manière artisanale en écoutant les coups de ciseaux sur la pierre.

    Description de l'entreprise

    L'entreprise Ardoise Kingsbury, une carrière d'ardoise verte fermée depuis 1889 et relancée en 2007 par Maurice Houle, extrait de manière artisanale ce produit. En Estrie, il y a de nombreuses montagnes de gisements d'ardoise. L’ardoise a contribué au développement de la région à la fin du XVIIIe siècle. Beaucoup d'immigrants sont venus travailler dans les carrières. Kingsbury était alors très dynamique et prospère, jusqu'à la fermeture des carrières au début du XXe siècle. Cette matière exige que le travail soit fait comme il se faisait au siècle dernier, c'est-à-dire « à bras d'homme », avec un ciseau et un marteau. Aujourd'hui, il y a des pelles mécaniques facilitant le travail auparavant effectuer manuellement, soit à « force de bras ». L'ardoise doit être fendue à la main. Il s'agit donc d'une méthode traditionnelle d'extraction, à la main, car c'est ainsi que l'ardoise obéit le mieux au travail et ne se brise pas. Il suffit de suivre les lignes doucement et d'écouter les sons et la résonance dans l'ardoise à la suite des coups donnés sur le ciseau pour que la pierre guide le travail d'extraction. Plus l’extraction est en profondeur, plus l'ardoise est de qualité car elle n'a pas été touchée par l'oxydation et les infiltrations entre les couches. Cette ardoise sert à l'aménagement paysager pour faire des patios, des marches et des terrasses. L'entreprise est équipée d'une scie à câble, il est désormais possible d'extraire des cubes d'ardoise. La scie à câble évite le dynamitage créant des microfissures. Avec l’ardoise ainsi extraite, l'entreprise de Maurice Houle se spécialise en produits d'intérieur pour la fabrication par exemple de tables et de comptoirs. L'entreprise détient un permis d'exploitation artisanale, ce qui lui permet une production de 5000 tonnes d'extraction annuelle. L'un des buts de Maurice Houle est de relancer les toitures d'ardoise et idéalement d'arrêter la fabrication de toitures en bardeaux d'asphalte qui sont, selon lui, polluants, non durables et moins esthétiques.

    Apprentissage et transmission

    L'apprentissage se fait au gré du contact avec la pierre et au gré des besoins. C'est la pierre qui guide le travail. L'apprentissage se fait donc en apprenant à écouter l'ardoise et en regardant la formation des lignes. L'apprentissage se fait au quotidien, par l’observation et en travaillant à la main et avec les outils. La meilleure façon de travailler, selon Maurice Houle, est donc d'utiliser le marteau et le ciseau, plutôt que les outils électriques qui cognent.

    Historique général

    L’ardoise abonde dans le sol montagneux de l’Estrie. Cette matière a donc contribué au développement régional. À l'époque, Kingsbury s'appelait Rockland. De 1850 à 1910, Kingsbury était très prospère et accueillait nombre d'immigrants venus travailler l'ardoise. Une centaine de familles y travaillait, près de Kingsbury. L'ardoise était par la suite envoyée en Nouvelle-Angleterre. Les maisons du secteur de Kingsbury des toits d'ardoise appartenaient alors à des gens qui travaillaient pour la mine ou à des surintendants. Maintenant, le village est déserté. Les carrières ayant extrait de l’ardoise le plus longtemps ont cessé leurs activités vers 1900-1910 en raison entre autres de l'apparition des nouveaux matériaux sur le marché tels le bardeau d'asphalte. Le matériel devenait trop cher pour l'époque et il n'était pas assez compétitif. En achetant une terre, dans le Canton de Melbourne, Maurice Houle a découvert la mine et a alors amorcé des recherches pour la relancer. Il aura fallu trois ans de démarches auprès du gouvernement pour être conforme et acquérir tous les permis d'exploitation. À la fin du mois d'août 2007, il a eu toutes les autorisations nécessaires pour exploiter la carrière fermée depuis 1889. Au siècle dernier, cette carrière portait le nom de Prince Albert, Williamson et Cromby. Elle a été opérationnelle de 1887 à 1889, puis a fermé à cause du contexte économique et de sa couleur verte. La couleur noire était alors préférée à cause du soleil qui la réchauffait. Celle-ci, verte, servait surtout à faire des tableaux d'école, des éviers et des bains. Aujourd'hui, l'ardoise sert à l'aménagement paysager et à la fabrication de produits d'intérieur. Les Ardoises Kingsbury se font connaître peu à peu et vendent leur produit à une entreprise de Québec qui le transforme. Selon le ministère de l'Environnement, M. Houle serait le seul au Québec à extraire de l'ardoise verte. Son but est de faire connaître ce matériau noble qui a été si important pour la région tant au point de vue géographique, économique, social, que culturel. Lorsque l'extraction de l'ardoise a cessé en Estrie, le métier d'ardoisier a aussi été oublié et les toitures en ardoise, d’une centaine d’années ayant parfois besoin de réparations, n’avaient personne pour les entretenir. En effet, l'ardoise est présente sur les toits de nombreuses maisons de la région du Val-Saint-François, bien que plusieurs toitures ont été remplacées par du bardeau d'asphalte. Avec la revitalisation du savoir-faire de l'ardoisier, par Yves Doiron et par le travail de mise en valeur, d'éducation et d'information du Centre d'interprétation de l'ardoise, cette pierre a retrouvé ses lettres de noblesse. L'ouverture de cette carrière a bénéficié de ce mouvement de revitalisation, mais celle-ci contribue aussi à la revaloriser.

    Sources

    Nom de l'enquêteur ou des enquêteurs: Stéphanie Teasdale et Laurence Godin
    Date d'entrevue: 15 juillet 2008
    Nom de l'indexeur ou des indexeurs: Stéphanie Teasdale

    Localisation

    Région: Estrie
    MRC: Le Val-Saint-François
    Municipalité: Melbourne
    Ville: Kingsbury
    Code postal: J0B 1L0
    Téléphone: 819-345-4724